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Covid 19 - Nos étudiants se mobilisent et témoignent...

22/04/2020

Quelques témoignages de nos étudiants et apprenants IRFSS Normandie

Photo Théana LEROUGE

Témoignage de Théana Lerouge, étudiante à l’IFSI de Bois-Guillaume, entrée en formation le 4 février 2020 ! 

« Je m’appelle Théana Lerouge j’ai 19 ans et je suis étudiante infirmière en première année à l’IFSI de Bois-Guillaume. J’ai pu, grâce à mon école, participer à une mission au centre de consultation du 106 contre le COVID-19 pour accueillir les patients et désengorger les médecins de villes et les urgences. Pendant cette mission j’ai eu l’occasion de prendre les constantes des patients, participer à la prise d’appel pour programmer des rendez-vous, mais aussi participer à toute la désinfection des locaux. Cette mission était une très bonne expérience pour moi. » 

Un grand MERCI à Théana pour sa mobilisation et son investissement !

photo Amandyne HAZARD

Témoignage d’Amandyne Hazart, étudiante en deuxième année à l’IFSI d’Alençon.

« Bonjour je m’appelle Amandyne, j’ai 21 ans, je suis étudiante infirmière en deuxième année à l’IFSI d’Alençon. Suite à la crise sanitaire que nous traversons, je suis en renfort à l’EHPAD Henry Dunant de la Croix-Rouge française de Caen. Ici, les résidents sont confinés dans leurs chambres depuis 9 semaines. Ils sont donc isolés, se sentent parfois seuls puisqu’ils ne voient ni leurs familles ni les autres résidents. Pour certains cela commence à être long. Mes missions lors de ce renfort sont donc d’effectuer toutes les missions quotidiennes mais surtout de prendre du temps avec les résidents pour discuter, faire quelques activités avec eux et leur changer les idées comme nous sommes les seules personnes qu’ils voient de la journée. Cette mission est pour moi très forte humainement et je suis ravie de pouvoir y participer. »

Un grand MERCI à Amandyne pour ce témoignage mais surtout pour sa mobilisation lors de cette crise sanitaire !

PHOTO Angélique HAUTERRE

Témoignage d'Angélique Hauterre, apprenante en deuxième année à l'IFSI de Bois-Guillaume.

"Actuellement en formation infirmière, j’ai, depuis le début du confinement, effectué plusieurs missions au sein de l’hôpital qui est mon employeur et où j’évolue en tant qu’aide-soignante.

J’ai accepté toutes les missions qui m’ont été proposées car, du fait que c’est une petite structure, je connais quasiment tout le personnel et je pouvais voir sur les messages partagés, leurs angoisses et leur lassitude, leurs émotions et leur ressenti…
Je ne me suis pas posée de questions pour savoir où était ma place. Chez moi à suivre mes cours et prendre un peu d’avance pour les partiels ? Ou à l’hôpital, au milieu de mes collègues épuisés, patients angoissés, et résidents atteints du Covid (je connais ces résidents depuis de nombreuses années et des liens se sont créés avec certains d’entre eux).
C’est ainsi que, depuis le 15 mars, j’enchaine les nuits sur divers services comme Alzheimer, USLD, SSR, médecine ou encore dans le service dédié aux patients testés positifs au COVID.
Lors de ces différentes missions, j’ai été de nombreuse fois confrontée à des patients dits COVID, ou en suspicion car dès que 3 patients étaient dépistés positifs au COVID, tout le reste du service passait en « suspicion ».
« Suspicion » : qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie que vous allez devoir prendre toutes les précautions COVID pour l’ensemble des résidents.
Pour la pandémie, la Direction a décidé de renforcer ses équipes sur l’ensemble de la structure hospitalière : nous serons donc 3 A-S et une IDE pour la nuit (ce que nous trouvons être un effort très appréciable).
Notre seul bémol : par personnel, nous ne bénéficions que de 2 masques FFP2 pour la nuit et d’une surblouse pour faire l’ensemble des soins aux résidents…
Nous savons d’ores et déjà que nous allons prendre des risques pour nous mais surtout que nous risquons de manuporter le virus dans d’autres chambres par le biais du manque de matériel mais aussi par notre propre manquement aux gestes barrières. Nous prenons pourtant toutes les mesures possibles et utilisons le matériel mis à disposition (comme un tablier plastique à changer à chaque patient, des gants à UU, des lunettes de protection…) mais l’erreur est humaine.
Malheureusement, réalité du métier, nous manquons cruellement d’équipements. L’hôpital a par ailleurs fait une demande, via les réseaux sociaux, de dons de draps et du bénévolat pour confectionner des surblouses en tissus… Mais il faut du temps pour que cela se mette en place et que les 1ères blouses arrivent. Et puis, le 1er service à être servi est le service COVID car tous les patients y sont testés positifs…
Lors de ces nuits, le virus est quasiment l’unique sujet de conversation de mes collègues. Ils sont angoissés, fatigués physiquement et moralement. Habillage, déshabillage à chaque chambre, se demander si on n’a pas transmis le virus par mégarde à un patient sain…
Certains d’entre eux ne me cache pas prendre un comprimé le matin pour s’endormir plus facilement et les aider à se détendre… J’en suis tellement désolée pour eux et, malgré tout, je me sens épargnée par cette situation car j’ai le choix encore de ne pas accepter ces missions… Cependant, je m’en sens investie car j’ai choisi ce métier en toute connaissance de cause, je savais que je pourrais être confrontée à de grandes difficultés mais aussi que cela allait m’enrichir de connaissances et surtout d’humanité.
Et puis face à nous, il y a les patients. Pour ceux pouvant s’exprimer, ils nous posent quelques questions sur le virus auxquelles nous essayons de répondre tout en les rassurant au mieux. Pour les autres, ils nous regardent, camouflés, et nous imaginons leurs pensées… Nous leur expliquons pourquoi nous sommes masqués. Bien entendu, nous ne pouvons pas nous attarder dans les chambres, et certains patients qui étaient habitués à recevoir des caresses ou des bisous le soir en sont privés… Même si nous leur expliquons pourquoi ces mesures, ils ne semblent pas réceptifs à nos dires…
Et puis, il y a aussi la solitude : certains d’entre eux étaient habitués à recevoir la visite de leur famille. Certes, ils ne sont pas nombreux mais nous pouvons voir l’ennui de ces personnes (ou peut-être l’interprétons nous).
Nous sommes aussi confrontés à des patients mourants, qui ne semblent plus être réellement présents… Et les équipes du jour nous racontent le désespoir de ces familles qui se déplacent dans l’espoir de pouvoir forcer une porte, un passage et dire un dernier au revoir à leur maman, à leur papa… Et là, nous, personnel soignant, sommes en 1ère ligne. Nous comprenons les mesures de confinement mais en même temps, nous nous projetons au travers de ces familles pleurant un parent disparu ou mourant pour lequel ils n’auront pas pu tenir la main chaude une dernière fois…
Oui, travailler auprès des personnes atteintes ou non du COVID, en période de confinement est une expérience que je ne recommande pas mais que j’accepte de vivre pour soulager mes collègues et me permettre d’être celle qui dira un dernier au revoir à des parents qui ne sont pas les miens…
Dans un autre registre, j’ai dû emmener des corps étiquetés COVID à la morgue. Après avoir préparé le corps dans le respect du protocole, nous récupérons les clés de la morgue, et vérifions que nous aurons une place pour la personne décédée.
Très récemment, nous avons appris que de nouvelles dispositions afin d’éviter le manuportage du virus lors du transfert du corps ont été prises. Désormais, ce n’est plus le personnel soignant qui préparera le corps décédé du Covid (ou en suspicion Covid) mais nous devrons faire appel aux pompes funèbres. Ceux-ci feront la mise en bière directement en chambre. Une sécurité supplémentaire il est vrai, mais à notre avis, personnel soignant, un traumatisme additionnel…
Cela commence vraiment à devenir lourd à supporter même si nous nous montrons forts et solidaires les uns envers les autres, les nuits sont perturbées pour certains par des réveils brusques (des cauchemars ?), des difficultés à l’endormissement, l’envie de s’évader, de penser à autre chose… Et une question subsiste : à quand la vie d’autrefois ? La vie que l’on trouvait déjà chargée mais qui pourtant nous manque tant. La vie où l'on soignait les gens sans avoir peur pour notre propre santé.
Et surtout, nous nous demandons ce que sera notre métier après le Covid : aura-t-on plus de moyens, de reconnaissance, de gratitude ? L’avenir nous le dira, mais malgré notre « positive attitude » nous restons dubitatifs et professionnel à la fois."

Un grand MERCI à Angélique pour son investissement durant cette crise sanitaire et pour son témoignage !

Temoignage Myriam BORDEAUX

Témoignage de Myriam Bordeaux, apprenante en formation Accompagnant Éducatif et Social sur le site d’Alençon

 « Tout d'abord, je souhaitais vous remercier de nous laisser nous exprimer sur cette période remplie de peurs et d'incertitudes.

Personne ne savait que nous allions traversé cette crise sanitaire pendant cette année qui était pour moi signe de reconversion professionnelle, d'apprentissage, et la formation de valeurs auxquels je suis tellement attachée. Oui mais cette année, n'est pas comme je l'espérais je sais, nous sommes beaucoup dans ce cas-là, mais c'est comme un deuil, il faut l'accepter.

J'ai 38 ans, maman de deux enfants de 11 et 7 ans et un mari qui travaille dans le milieu hospitalier.

Le début de cette crise a fait que je n'ai pas pu terminer mon second stage à 1 semaine près. 

Suite à ça, l'arrêt de l'école pour mes deux enfants, le confinement... Mon mari étant dans le milieu hospitalier plusieurs arrêts dans son travail, il a été réquisitionné... La question s'est posée...et moi...le déroulement de ma formation, tant de questions...et mes enfants...

Non, ce n'était pas comme ça que je voulais apprendre mon futur métier, ce n'était pas comme ça que j'avais envisagé mon engagement au sein de la formation.

Puis, j'ai voulu me rendre utile, avec la peur au ventre certes, mais apporter quelque chose aux autres aussi infime qui soit.

Je me suis donc tenue bénévole au sein de la CRF pour la distribution alimentaire, j'ai pu le faire quand mon mari était de l'après-midi.

Puis cette question : Comment vais-je validé ma pratique professionnelle...?

Je me suis dirigée vers mon référent qui m'a rassuré et ne pas me mettre en difficulté et la possibilité de rattraper mes stages plus tard...mais plus tard...quand...?

J'ai renforcé l'équipe de la MECS sur un week-end avec des gestes barrières compliqués pour des adolescents et la peur de la maladie, la peur de ramener ce virus chez moi...

Et au plus profond de moi mes valeurs humaines ont fait que j'ai repris le chemin de mon 3eme stage pour renforcer une équipe et me rendre disponible pour ces jeunes qui ont tant besoin de valeurs humaines dans cette période de confinement.

Beaucoup d'organisation, laisser seuls mes enfants pendant les périodes des repas, les laisser seuls...jamais je n'aurais penser laissé ma fille de 7 ans seule avec son frère mais je l'ai fait,  parce que eux ne manque de rien et d'autres personnes avaient besoin de ma présence.

La reprise de mon stage n'a pas était sereine, cette peur de la maladie, de laisser seul mes enfants...mais tellement fière qu'à la fin de ma journée on me dise : merci Myriam heureusement que tu étais là...

Pour ce qui est des cours à distance, des révisions, des dossiers, les devoirs des enfants !!!! très difficile à gérer...un seul mot d'ordre, être sur tous les fronts... Cours à distance, note de réflexion à rédiger et rendre en 2h...avec des enfants à côté que je dois gérer, visio des maîtresses...

Je sens et je sais que mon travail n'est pas le même, la fatigue émotionnelle, physique est présente, se donner de partout mais j'obtiendrais mon diplôme, je suis faite pour ces valeurs, pour ce métier... ».

Un grand MERCI à Myriam pour ce témoignage mais surtout pour sa mobilisation durant cette crise sanitaire ! 

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